Numéro 326 - Spécial "Tunnel Euralpin Lyon Turin en 2022"

Mai 2022

Prix Version Papier : 38.00 €
Prix Version Numérique : 38.00 €
Prix Bimédia : 64.00 €

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Sommaire

Présentation générale du projet

Le projet Lyon-Turin poursuivi depuis plusieurs décennies consiste à créer de nouvelles infrastructures ferroviaires pour accroître les capacités et se substituer en partie à l’actuel corridor franco-italien comportant un tunnel inauguré en 1871 à une altitude de plus de 1 000 m. Il s’intègre dans une perspective de corridors transeuropéens soutenu par l’Union européenne. Les accords entre la France et l’Italie de 2001 et 2012 ont retenu le principe de trois sections principales : deux sections nationales et une section transfrontalière avec un nouveau tunnel, dit de base, long de 57 mn en service en 2030. Deux gares nouvelles sont prévues à Saint-Jean-de-Maurienne et à Suze.

Les enjeux politiques, économiques et environnementaux

Les enjeux attachés au projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin sont à la fois politiques, économiques et environnementaux. Politique, il est un des maillons principaux d’un axe transeuropéen est-ouest visant à faciliter les échanges entre États de l’Union européenne aussi bien de personnes que de biens. Les enjeux environnementaux s’inscrivent dans une forte volonté de réduction des émissions de CO2 et de préservation des vallées alpines. Le projet apportera des bénéfices socio-économiques notamment pour les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Piémont et Lombardie. Toutefois, si le développement du trafic voyageurs devrait demeurer relativement modeste, il pourrait être significatif pour le trafic de marchandises, sous réserve de décisions sur les accès en France et en Italie et la mise en œuvre d’une autoroute ferroviaire accompagnée d’une politique favorisant le report de poids lourds sur des trains.

L’organisation, les concertations, les oppositions et le dialogue

La définition du projet et de ses objectifs, les procédures administratives, les débats, critiques et oppositions, la recherche de financements ont déjà pris une trentaine d’années. TELT, société binationale, est le maître d’ouvrage depuis 2015 chargé de la réalisation et de la gestion de la section transfrontalière de la nouvelle ligne. En France, le débat avec les territoires a été abordé lors des enquêtes publiques réalisées en 2006 et 2012. Si elle a suscité des oppositions en France, la protestation contre le projet fut plus importante en Italie. La concertation a abouti à la création d’un observatoire technique puis d’un accord en 2013 sur le projet définitif de la section transfrontalière ratifié en 2015. Le tunnel de base sera en service en 2030.

Un système de transport complexe

Ce dossier présente l’architecture générale du système de transport de la section transfrontalière entre Saint-Jean-de-Maurienne et Susa. Il traite successivement des modes d’exploitation, des particularités dues au trafic d’autoroute ferroviaire à grand gabarit, des concepts de sécurité du grand tunnel sous les Alpes puis décrit les différents équipements ferroviaires et non ferroviaires avant de présenter les futures installations de maintenance.

Un Génie Civil exceptionnel

Ce dossier présente les particularités du génie civil de cet ouvrage exceptionnel, notamment des systèmes de tunnel mais aussi des ouvrages à l’air libre. Il traite également des sujets éthiques, sécurité du chantier et développement durable, qui sont intégrés dans les politiques de TELT.

Les deux gares internationales

Le projet de la section transfrontalière Lyon-Turin comprend deux gares internationales, situées à quelques kilomètres du tunnel de base : à Saint-Jean-de-Maurienne (France) et à Suse (Italie). Ces deux nouvelles structures permettront de gérer les échanges multimodaux aux extrémités du tunnel de base. Les gares internationales placent les montagnes olympiques de la vallée de Suse et le domaine skiable des Alpes françaises sur le réseau européen RTE-T, à quelques heures de la plupart des capitales européennes.