Numéro 311

Janvier 2021

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Éditorial

L’année 2020 est derrière nous et 2021 a été déclarée année européenne du rail, ce qui est de bon augure pour le chemin de fer. Tout le monde s’en félicite. Pourtant, le train a-t-il vraiment été soutenu par les Pouvoirs publics et l’opinion en cette année si particulière avec sa crise sanitaire mondiale ? 

On a vanté le train pour ses qualités écologiques et les cheminots pour leur mobilisation avec le transport des malades. Le trafic fret s’est maintenu à un bon niveau pour assurer tous les approvisionnements indispensables à la vie du pays, à son économie, à ses besoins en produits sanitaires. Les vertus du train de nuit sont de nouveau reconnues. 

Cependant, l’image du train a été brouillée, avec de fausses idées qui incitent peu à le choisir pour se déplacer. L’exemple le plus néfaste est celui de l’espace confiné. Pourtant, les études montrent que dans un train dans lequel les voyageurs ne porteraient pas de masque, le risque de contamination après une heure de voyage en étant assis juste à côté d’un voyageur malade n’est que de 1,3 %. En respectant la distanciation, le risque est divisé par dix, et quasiment nul en portant un masque. 

Le train souffre, plus exactement les entreprises ferroviaires, à cause de la baisse des trafics et, corrélativement, des recettes permettant son fonctionnement et ses investissements pour l’avenir. Un voyageur sur quatre, habitué du TER, préférera circuler en voiture. À Paris, on a vu des affiches invitant à circuler à vélo sur des itinéraires bien identifiés au détriment des lignes 1, 4 et 13 du métro. Le télétravail est prôné pour éviter le remplissage des trains du quotidien. Et, évidemment, les périodes de confinement ont vu le trafic des grandes lignes s’effondrer. 

Naturellement, les décisions à prendre sont des crève-cœur : le meilleur moyen d’enrayer une épidémie est d’éviter les contacts et les échanges, qui sont la raison d’être des moyens de transport. Comment alors soutenir les transports collectifs qui restent malgré tout un outil efficace, privilégié pour contenir le risque du dérèglement climatique ? Chacun de nous, parcelle de l’opinion publique comme acteur individuel et comme porteur de la désignation des politiques publiques, est tiraillé dans des sens difficiles à concilier. Penser à la juste place du train dans nos envies et besoins de déplacements doit aider à faire les bons choix. Les articles de ce premier numéro de la RGCF de cette année européenne du rail sont une aide à la décision.

Bonne lecture, bonne année !

Pascal Lupo