Numéro 310

Décembre 2020

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

Le chemin de fer est une matière vivante, en perpétuel renouvellement. Les Pouvoirs publics affichent toujours avec fierté les décisions d’investissements dès qu’un financement massif est an­noncé. C’est de bonne guerre. Tout le corps social s’en réjouit, même lorsqu’il ne s’agit que du rattrapage d’un sous-investissement passé ou de faire oublier des décisions de gels de grands projets d’infrastructure.

Ce numéro est donc axé sur l’optimisme : les articles tournent tous autour de grands chantiers et d’investissements, sans négliger leur valeur socio-économique. Le chemin de fer est de retour, si on admet cette expression détournée d’une campagne électorale.

Le grand dossier sur le tramway T4 montre comment un ter­ritoire, avec sa population, est pris en compte dans son espoir d’un désenclavement. Le sujet est abordé sous tous les angles, tech­niquement, localement, écono­miquement. De l’autre côté de l’Île-de-France, la vocation de l’investissement sur Eole répond à une autre préoccupation, la saturation des infrastructures de transport : l’arrêt sur image à Nanterre donne une vue sur un point original de ce grand chantier. L’adaptation des quais d’Eole, dont la hauteur est un sujet sans fin, en fait partie.

Les travaux de modernisation se rencontrent partout en France. La nouvelle gare de Chambéry n’est pas un simple investissement du seul domaine d’un architecte. Elle s’inscrit dans une réflexion bien plus large au niveau de la ville avec le rôle essentiel de la municipalité. On notera au passage que Chambéry marie habilement sa culture cheminote ancrée de longue date et sa vision d’avenir de la mobilité : du nouveau bâtiment de la gare, on peut admirer la belle rotonde monument historique du dépôt de locomotives.

La rétrospective sur l’électrification, investissement majeur et sans cesse évolutif depuis plus d’un siècle, donne à réfléchir sur la pertinence des investissements. En effet, fallait-il consacrer autant de moyens sur telle technique, alors que des progrès pourraient la remettre en cause ? Évidemment oui, car attendre une hypothétique révolution technologique conduirait à ne jamais rien décider. Le numéro spécial sur les 70 ans du courant industriel, en octobre, montre bien que le progrès, une fois traduit dans une première réa­lisation, est permanent. C’est le premier pas à franchir qui coûte. Il peut rapporter gros, comme on en a la preuve dans ce cas précis. J’en profite pour vous remercier, chers lecteurs, pour tous vos messages encourageants sur ce numéro exceptionnel, que nous devons tous aux auteurs qui nous ont fait partager leurs connaissances, leur enthousiasme, leurs visons d’avenir.

Quant à la sécurité, y investir dans la connaissance des phénomènes reste aussi la priorité. On y revient ici avec la question des circuits de voie.

Bonne lecture !

Pascal Lupo