Numéro 309

Novembre 2020

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Éditorial

Quel sera le monde d’après ? Celui d’après la crise sanitaire actuelle, évidemment. Les déplacements sont au centre des discussions ; ils ont mauvaise presse, car ils véhiculent une épidémie mondiale. Et c’est en les interdisant qu’on cherche à sortir de cette situation dramatique. Depuis quelques années, des économistes répétaient que le meilleur déplacement est celui qui n’existe pas. La formulation est plaisante par son aspect paradoxal ; elle n’est guère aimable à l’égard des personnes qui inventent et exploitent les moyens de transport au service des populations. Surtout, elle n’explique pas pourquoi, une fois les moyens de transport devenus motorisés, les déplacements se sont tellement développés. 

Quand on regarde les articles parus dans la RGCF depuis 142 ans, on voit à quel point le train s’est sans cesse amélioré, en efficacité et, dans le cas qui nous concerne pour le bien-être des citoyens, en sécurité. Il s’agit de la sécurité technique des véhicules et de leur utilisation. Les progrès ont été considérables et il est admis que le chemin de fer demeure un moyen de transport sûr. Cette sécurité mécanique n’est pas contestée dans la situation actuelle de crise sanitaire. 

Le débat glisse vers une autre sécurité, qui est celle de la mobilité et non plus du transport. Dans quelle mesure relève-t-elle de la technique ferroviaire ? N’est-elle pas plutôt du ressort de la santé publique, domaine de la médecine, hors du coeur de métier des chemins de fer ? Le train offre un service dont on s’est certes passé pendant des milliers d’années : voyager et acheminer des marchandises facilement et loin. Mais est-ce que le train serait légitime à déclarer que les gens n’ont pas à se déplacer pour leur simple plaisir, ou qu’une région n’a pas à exporter ses produits parce que de semblables peuvent se trouver à proximité des consommateurs ? 

La RGCF n’a pas la prétention de traiter le débat de la mondialisation des échanges. Mais elle apporte sa pierre à la connaissance de la place du train dans la situation de crise que nous vivons. Des articles abordent les répercussions du confinement sur l’activité ferroviaire. Les trains de fret ont plus largement continué à circuler que les trains de voyageurs : il a semblé intéressant de remettre en perspective sur un demi-siècle la part respective de ces trafics marchandises et voyageurs. Quel sera le chemin de fer d’après la crise, la RGCF dans les années à venir le décrira. Le présent numéro apporte comme de coutume des éléments factuels sur la réalité d’aujourd’hui. 

Bonne lecture !

Pascal Lupo