Numéro 305

Juin 2020

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

Voir le sommaire

Éditorial

Lors de la remise en marche de l’ensemble du système ferroviaire après la période de confinement consécutive à la crise sanitaire, plusieurs grandes questions sont réapparues sous un angle nouveau. Sans qu’il s’agisse d’un retour d’expérience qui sera à réaliser, des articles de ce numéro de votre revue abordent différents thèmes autour des préoccupations courantes et qu’on peut rattacher à l’actualité : l’état des rails, les flux de voyageurs, la construction des tunnels. Le traitement du déconfinement viendra certainement enrichir la réflexion sur les méthodes lorsqu’un recul suffisant le permettra après analyse à tête reposée. 

Parmi les préoccupations qui sont venues au-devant de la scène médiatique, on note l’entretien de la voie, avec sa maintenance après une longue absence de circulations. Les rails vivent au rythme des trains : ils se fatiguent, se cassent, s’usent, se déforment. Mais ils ont besoin des trains de même que les trains ont besoin d’eux. Deux articles détaillent les façons de traiter les pathologies, tout spécialement la fissuration et la déformation par usure. La sécurité, également abordée dans le dossier sur les facteurs humains et organisationnels, repose sur le suivi rigoureux de l’état des rails et de leur entretien. La qualité du service en découle. 

Le dossier sur la gestion des flux de voyageurs étudiée à partir d’un benchmark avec le Japon voit son intérêt renforcé précisément par le problème de l’affluence à canaliser en cas d’épidémie. Le renversement de situation était inattendu : comment concilier le mass transit, dont les transports collectifs sont inévitablement la meilleure, voire la seule, solution pour conserver une mobilité fluide dans les conurbations urbaines, et distanciation entre individus pour enrayer un risque de contagion ? Le défi se pose en termes nouveaux. Doit-on imaginer un transport à la fois collectif et individuel ou faudra-t-il prévoir une sorte de basculement, alternance entre mass transit en période normale et déplacements individuels en cas d’épidémie, dont il faut souhaiter évidemment que ce soit exceptionnel ? 

Le percement des tunnels renvoie à la question du maintien en activité des chantiers de travaux publics. Il est impossible de tout interrompre, ne serait-ce que pour éviter les inondations qui détruiraient tout le travail déjà réalisé. Les bénéfices attendus des nouvelles infrastructures sont reportés à plus tard, en entraînant à la chaîne un décalage de toute l’activité humaine. Coordonner par exemple l’ouverture du Grand Paris Express et la tenue de grandes manifestations comme les jeux olympiques se compliquera avec acuité. 

Un événement d’une tout autre nature s’est déroulé juste avant la crise. Il a été aussi inattendu dans le succès qu’il a rencontré. La fin du service des rames TGV Sud-Est, de la première génération, a été fêtée dignement, avec un engouement populaire étonnant. Alors qu’il ne s’agissait à l’origine que d’une exposition itinérante installée dans la rame 01 et réservée au personnel des technicentres chargés de l’entretien des TGV, les Français ont réclamé via les réseaux sociaux d’y avoir accès. Le TGV est populaire ; il est la fierté des cheminots, il est aussi une des fiertés de la France entière. Vous trouverez un article écrit de première main, par notre rédacteur en chef adjoint qui fut la cheville ouvrière pour écrire l’histoire du TGV en vue de l’exposition et coordonner la tournée avec une équipe de conducteurs qu’il a constituée. L’attachement des Français au train et au TGV en particulier est profond. L’opération Au revoir « Patrick » a permis de le rappeler avec force. Et la lecture du livre sur les 170 ans de traction ferroviaire à Nevers montre à quel point le chemin de fer est ancré dans la vie des territoires. 

Bonne lecture ! 

Pascal Lupo