Numéro 304

Mai 2020

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
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Éditorial

La période exceptionnelle de confinement que nous venons de vivre a conduit au télétravail pour bon nombre de salariés. Pour ceux qui se sont trouvés dans un cadre de quasi isolement, sans vidéoconférences se succédant les unes après les autres, sans enfants à qui faire l’école simultanément, il a été possible de prendre un certain recul sur des questions de fond qui se posent au chemin de fer moderne. 

La question des péages d’infrastructure en est une qui demande un environnement propice à la réflexion. Le dossier sur le DRR, document de référence du réseau, aborde un sujet délicat, complexe, source de discussions et de négociations soutenues depuis maintenant des années. La RGCF présente des faits, sans aucune visée polémique. Ainsi, le dossier n’est pas une dénonciation de péages plus ou moins élevés ici ou là. Que l’on ne se méprenne pas : sur les lignes à grande vitesse les plus récemment ouvertes au trafic, les taux élevés ne font que refléter les modes de financement volontairement retenus pour que ces lignes puissent être construites ; à défaut, le grand ouest ne bénéficierait pas de la grande vitesse. Et l’actualité nous rappelle que, si les péages sont bien moindres sur les lignes classiques, ils restent toujours trop chers pour ceux qui auraient à les payer. La renonciation de Flixtrain, qui s’apprêtait à faire circuler des trains sur lignes classiques, est imputée à des péages trop élevés. On peut s’interroger alors sur la compréhension de l’existence même d’une infrastructure dont il faut financer l’entretien. Mais un modèle économique ferroviaire ne se limite pas aux coûts d’usage de l’infrastructure : ceux-ci seraient-ils la seule ou la vraie cause d’un abandon ? Ou bien est-ce peut-être l’occasion de relancer le débat sur le montant des péages et sur la part prise par chacun des utilisateurs, État compris ? 

Les autres articles qui vous sont proposés dans ce numéro ont un aspect technique : autoroutes ferroviaires, modernisation de la signalisation, renouvellement de la caténaire, prolongement d’un réseau de tramway urbain, remotorisation de locomotive vers l’hybridation. Ce sont en réalité toujours des sujets d’investissements, de financements, de modèles économiques, de dépenses qui s’imposent pour avancer vers un avenir où le chemin de fer occupera toute la place la plus utile pour le bien de tous. Votre revue vous expose des cas ; à vous, chers lecteurs, de prolonger la réflexion. 

Bonne lecture ! 

Pascal Lupo