Numéro 296

Septembre 2019

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

Ce numéro de votre revue est résolument tourné vers l’avenir. Il ne décrit pas ce qui existe, mais ce qui va exister. Le volontarisme des personnels qui travaillent au développement du chemin de fer s’y exprime avec force, depuis la conception jusqu’à l’exploitation du matériel et l’utilisation des infrastructures. 

L’important dossier sur le CEVA aborde toutes les facettes d’un projet qu’on imaginerait simple, à tort. La création d’une ligne plutôt courte, s’assimilant à une desserte périurbaine, certes transfrontalière avec un pays en dehors de l’Union européenne, a connu des précédents, avec le RER parisien par exemple. Il aurait été simple s’il avait été traité à la légère, avec le risque d’un résultat médiocre, décevant et finalement qui nuirait à la crédibilité du système ferroviaire comme transport efficace dans un grand bassin de population et d’emploi. Ce dossier dévoile tout ce qui a été mis en œuvre pour construire un lien qui va transformer les conditions de circulation à partir de la fin de l’année. 

Le nouvel autorail laboratoire symbolise également le passage de la conception à l’existant. La signalisation européenne ERTMS, qui a fait l’objet de numéros spéciaux de la RGCF, est un enjeu majeur du développement du chemin de fer à l’échelle d’un continent. Cet autorail de mesures reflète la persévérance des techniciens pour progresser là où l’innovation ne saurait admettre des ratés. La sécurité est en jeu et on pensera constamment, en lisant cet article, que des acteurs osent concevoir un nouveau système alors que se contenter de l’existant ne fait courir aucun risque, sauf à sombrer dans l’immobilisme. 

L’autorail à hydrogène est davantage que ce qui va exister : c’est ce qu’on veut voir exister. L’article informe sur l’avancement de cette technique sans donner un portrait de ce qui est abouti, car les questions autour de l’exploitation courante d’une telle innovation demeurent encore devant nous et pourront être traitées à la lumière de l’expérience. L’innovation doit toujours être source d’admiration, même si les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu’on espérait : le tramway de Caen peut apparaître comme une solution de repli ; il n’est en réalité que la suite d’une technologie qui aura eu le mérite d’être appliquée et analysée sans faux-semblants. Ainsi, on ne regrettera pas d’avoir pu la mettre en œuvre et la tester durablement. 

En septembre, les journées européennes du patrimoine mettent au-devant de la scène le chemin de fer. Les trains, les gares, les viaducs fascinent chacun de nous, même si nombre de cheminots à tous les niveaux n’osent pas l’avouer ou même passent à côté des richesses que le patrimoine historique porte auprès du corps social de l’entreprise et de l’opinion publique. Le clin d’œil se trouve dans la couverture du présent numéro : un poste d’aiguillage remarquable. Un train du RER parisien va diffuser la bonne image de ce patrimoine historique que nous révèlent les messages sur les réseaux sociaux, positifs à 95 %. L’inscription monument historique d’une locomotive à vapeur dépasse la seule enceinte de son musée : elle est un atout dans la valorisation touristique de la commune qui l’accueille. Enfin, le travail de restauration de voitures d’omnibus mérite la plus grande attention : la mobilisation des bonnes volontés et le soutien des pouvoirs publics sont admirables et donnent à réfléchir. 

Louis Armand remarquait que ce sont les racines qui permettent à l’arbre d’avoir des bourgeons. Sans patrimoine historique, comment l’innovation et la recherche pourraient-elles autant progresser ? 

Bonne lecture ! 

François Vielliard