Numéro 274

Septembre 2017

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
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Éditorial

La confidentialité des données connaît de profonds bouleversements. Les raisons en sont multiples, avec des tiraillements dans tous les sens. Les tendances sont contradictoires. D’un côté, la transparence a le vent en poupe, soutenue par les politiques d’open data. Avec les outils numériques, non seulement l’information se diffuse facilement au point que tout citoyen doit pouvoir tout savoir, mais aussi, avec l’équipement de tout individu en smartphone et avec l’internet des objets, toute information sur ce que chacun fait peut être recueillie et mise à disposition de quiconque veut innover. De l’autre côté, les données acquièrent une telle valeur qu’elles doivent être protégées, voire tenues secrètes, sous prétexte de concurrence, de sauvegarde de la vie privée ou de risque de cyberattaque. Les observations que vous nous adressez, chers lecteurs, sur le niveau de détail technique ou économique des dossiers qui paraissent montrent bien cette évolution ambiguë. En relisant la RGCF sur une longue période, on peut dégager quatre transformations.

Les recettes et les trafics. La RGCF publiait par exemple chaque mois le nombre de voyageurs dans le métro parisien. Ce type d’information relève maintenant de données commerciales, sous couvert de concurrence. C’est l’analyse annuelle de la CCTN, Commission des comptes transports de la nation, qui remplace les chiffres bruts autrefois diffusés.

Les performances techniques d’un matériel. Vous ne trouverez pas ici les courbes effort-vitesse dans le dossier sur l’e320, alors que c’était une donnée classique, accessible sans restriction naguère. Encore faut-il savoir les lire et les interpréter. On touche ici la concurrence devenue mondiale entre constructeurs de matériel roulant.

Les équipements électriques. Montrer le schéma d’un système de signalisation, concernant fondamentalement la sécurité des circulations, suscite maintenant des inquiétudes à cause des actes de malveillance que subissent les installations ferroviaires.

Enfin, alors que les images personnelles prolifèrent sur les réseaux sociaux, il devient de plus en plus délicat de publier des photos sur lesquelles les personnages peuvent être reconnus. La contrepartie est une demande croissante de rendre flous les visages apparents.

A l’inverse de toutes ces restrictions auxquelles la RGCF ne saurait échapper, ce sont les données techniques sur le réseau ferroviaire qui illustreront davantage les dossiers à venir. Ainsi, le schéma des installations fonctionnel d’une ligne restera publiable ; bien plus, il devra même être à la disposition des exploitants puisque le réseau s’ouvre à la concurrence entre eux, sans discrimination.

La tonalité des textes publiés reflète l’évolution de l’environnement du système ferroviaire. Outre cet aspect de la confidentialité des informations, la nature des sujets abordés mérite aussi un regard dans la durée. Dans ce numéro, le tram-train a-t-il pris le relais du chemin de fer sur route ? Septembre est la période des journées européennes du patrimoine : l’arrêt sur image et la lecture s’y réfèrent. Cela était impensable dans la RGCF à l’origine, mais ne vaut-il pas mieux s’intéresser à sa propre histoire que l’ignorer, pour progresser dans l’avenir ?

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef