Numéro 262

Juillet 2016

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Prix Version Numérique : 16.00 €
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Éditorial

Ce numéro, par la variété surprenante des sujets traités, donne une idée de ce que seront les chemins de fer dans les décennies devant nous. Commençons par le résultat : le trafic fret en Europe passera sur de grands axes qui desserviront le continent d’un bout à l’autre, comme ici du nord jusqu’à la Méditerranée. Et c’est le train qui le fera dans les meilleures conditions, ainsi que le montre, tel un clin d’œil, la photo de couverture : seul, le train est capable d’assurer un trafic important avec une énergie propre et renouvelable, l’électricité produite en réseau.

Ensuite, le train, déjà connu pour sa faible emprise au sol, tirera toujours davantage le maximum de ses infrastructures. Cet atout, parmi les transports terrestres, n’est malheureusement pas reconnu autant qu’il le mérite. Il est vrai que les exploitants, dans leur travail au quotidien pour faire rouler davantage de trains sans étaler outre mesure les plans de voies, exercent leur talent en dehors de la vue du public. Tracer le meilleur graphique pour occuper efficacement les voies est un art ancien : avec les développements incessants des outils informatiques, de nouvelles méthodes de travail permettront d’accroître encore la productivité des installations ferroviaires. Le logiciel au nom peu médiatique d’Open GOV, dévoilé ici, est ainsi un instrument de l’efficacité du système ferroviaire dans les gares maintenant insérées dans le tissu urbain qui les bride.

Le chemin de fer a toujours fait appel aux découvertes techniques pour en tirer le meilleur parti. Par exemple, l’exploitation ferroviaire, sous tous ses aspects, circulation, commercialisation, gestion administrative, n’a pas manqué les étapes des progrès de l’informatique. Ce fut d’abord la cybernétique, ce sera dorénavant le digital. Les trois « infos » en donnent un large aperçu : la télématique, avec le logiciel Regliss, la digitalisation des documents, objet du séminaire Eurodigirail, les satellites, débattus sur leur apport possible à l’exploitation.

La technique demeure un fondement du train. Le dossier sur les rotules peut sembler marginal tant le sujet est précis ; pourtant, c’est un élément essentiel du bon fonctionnement de toute machine et l’homme lui-même le sait bien en son for intérieur. Irions-nous jusqu’à dire que le chemin de fer repousse ses limites techniques face à l’usure comme les progrès de la médecine nous conduisent à s’interroger sur le transhumanisme ? Il est permis de penser que le train garde une place dans les réflexions sur notre avenir.

Enfin, la présentation de nouvelles locomotives électriques destinées à tirer des trains de voyageurs à 200 km/h mérite d’être soulignée, parce que l’excellence ferroviaire française, appuyée sur une longue expérience, se diffuse loin, hors d’Europe, sur des territoires qui préparent leur avenir. Le Kazakhstan poursuit sa lancée en faveur d’un réseau ferroviaire résolument efficace, dans des conditions climatiques difficiles. La RGCF dans son numéro de juin 2013 vous avait déjà montré les nouvelles locomotives fret kazakhes. Il ne s’agit pas d’un coup d’éclat éphémère, mais bien d’un aperçu du paysage ferroviaire tel qu’il se dessine dans le monde pour le siècle devant nous.

Assurément, le train sait se projeter dans l’avenir, qu’il se construit lui-même en permanence dès le temps présent.

 

Bonne lecture !
 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef