Numéro 260

Mai 2016

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

De quoi sera fait l’avenir du chemin de fer ? Le futurisme a fait rêver des générations : malgré l’enthousiasme qu’il suscite, il n’est plus d’actualité dans un monde morose. Il a laissé la place à la prospective, qui se veut plus sérieuse, avec ses calculs et ses hypothèses, que la science-fiction réputée fantaisiste. Tout cela est bien injuste, comme l’histoire du chemin de fer le démontre. Aller de Paris à Lyon en deux heures, sans fatigue, sans malaise, sans salissure, est bien aujourd’hui une réalité grâce au TGV alors que ce fut une utopie au XVIIIe siècle. Louis Armand, dans son discours d’introduction des journées d’Annecy en 1951 sur les recherches relatives à l’usage du courant industriel 25 000 volts, était-il un utopiste ou un visionnaire ? Les sujets que vous trouverez dans le présent numéro réjouiraient tous les cheminots qui ont eu foi comme lui dans l’avenir du train même dans les périodes de sinistrose et de dédain que le chemin de fer a connues et connaît encore de nos jours.

Le rêve devenu réalité : le dossier sur le Zefiro de Bombardier prouve que les efforts des ingénieurs ne sont pas vains, au bénéfice du plus grand nombre. Innover dans les domaines les plus pointus de la technologie demeure indispensable pour relever le défi permanent d’une fiabilité et d’une économie de fonctionnement toujours accrues : si les IGBT ne sauraient guère retenir l’attention du grand public, ils n’en sont pas moins un élément contribuant à une prestation de service performante. La surveillance des tunnels, là encore touchant bien peu les voyageurs qui n’ont pas à s’en soucier, franchit un pas en avant avec l’utilisation des techniques numériques.

Les lignes ferroviaires sont apparues pour relier des villes ; puis leur intérêt s’est manifesté pour desservir les agglomérations urbaines denses. Jules Verne, dans Paris au XXe siècle, imagine que la ville s’étendra de façon concentrique, avec des voies de communication circulaires de plus en plus éloignées du centre : dans ce numéro de la RGCF, l’histoire lui donne raison. Le décryptage des lignes de métro du Grand Paris et l’arrêt sur image de la Petite Ceinture pourraient être le dénouement de ce roman d’un rêveur et visionnaire à la fois. On notera que l’infrastructure de la PC est bien conservée pour rendre possible de nouveau son exploitation ferroviaire : science-fiction ? Croire dans un avenir inconnu du chemin de fer est pourtant raisonnable.

Quant aux réflexions sur le Maglev et Hyperloop, qu’on ne s’y méprenne pas. Certains y croient fermement, d’autres n’y voient que des gadgets. Ce sont des sujets dignes d’intérêt pour tous les lecteurs de la RGCF, car c’est une réflexion sur l’avenir. N’oublions pas que l’aérotrain a abouti à un grand succès, celui du TGV qui a su s’imposer dans une course vers le futur grâce à une compétition dynamique. On pourrait parier que la prochaine étape de l’histoire de la grande vitesse ferroviaire aura été involontairement provoquée par des technologies concurrentes.

Enfin, ce qui se passe actuellement sur le réseau ferroviaire en Allemagne, à la lumière du rapport du régulateur, est instructif sur l’organisation réglementaire et commerciale du chemin de fer dans son avenir proche.

Avec ce numéro, nous vous invitons, chers lecteurs, à aller de l’avant pour imaginer le système ferroviaire de demain, qui n’a pas fini de progresser et de nous faire rêver, en reprenant le train du futurisme.

 

Bonne lecture !
 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef