Numéro 257

Février 2016

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

Dans ce numéro, un important dossier traite des moyens de dégager les lignes lorsqu’un obstacle y bloque la circulation. Les raisons d’un blocage sont multiples, internes au système ferroviaire si c’est un engin en panne, externes par exemple à cause des intempéries, d’un défaut d’alimentation électrique ou de la chute d’un objet sur les voies. Ce dossier ne décrit pas les moyens existants, mais ce qu’on pourrait imaginer pour rendre libre à la circulation la voie obstruée. L’opportunité de publier un article présentant des projets qui n’ont pas encore fait l’objet d’une décision de réalisation a suscité des débats riches dont certains enseignements nous ont semblé intéressants à vous faire partager.

Le savoir-faire est une accumulation de connaissances et de pratiques venant du passé et permettant à un système de fonctionner présentement. Se limiter à cette échéance voudrait dire que l’histoire a une fin : cela n’a pas de sens. Ce patrimoine ne demande qu’à être exploité pour innover sans devoir reprendre tout à zéro. C’est cela qui permet d’avoir une longueur d’avance sur son temps et sur la concurrence tant technologique que commerciale. Ce dossier, tout en imaginant l’avenir, se lit également comme une synthèse de l’état de l’art dans le domaine des mesures à prendre pour s’affranchir des entraves à la circulation. C’est un large panorama de toutes les perturbations auxquelles sont confrontés les cheminots travaillant dans ce qu’on appelle les métiers de l’infra circulation.

Fallait-il publier un article donnant les caractéristiques d’engins qui n’existeront peut-être jamais, ou différemment de ce qui est imaginé actuellement ? Pour certains, ce n’est pas sérieux, la science-fiction ou le roman n’ayant pas leur place dans une revue technique professionnelle. Au contraire, la RGCF a le devoir de montrer que le secteur ferroviaire prépare son avenir, le cherche, le conçoit et qu’il ne reste pas les bras croisés. Plus le foisonnement d’idées sera riche, meilleure sera la probabilité de trouver les bonnes solutions. Ne travailler que sur des projets dont la réalisation est décidée d’avance non seulement exclut toute créativité, mais surtout peut conduire à des impasses coûteuses.

Que certains véhicules décrits ici ne voient jamais le jour n’aurait rien d’extraordinaire ou de scandaleux. Serait-il interdit de réfléchir ? Devrait-on regretter d’avoir envisagé un TGV pendulaire, tandis que le sujet de l’équilibre entre LGV et lignes classiques modernisées est d’actualité ? Ou d’avoir expérimenté une refonte radicale de la logistique avec Commutor, alors que le conteneur s’est imposé dans les échanges mondiaux ? Nombreux sont les projets étudiés sans aboutissement, mais il en découle toujours des retombées positives, même inattendues ou éloignées de l’idée initiale. Puisse donc ce dossier sur les moyens idéaux, éventuels, peut-être destinés à rester à l’état de projet, montrer que la recherche est indispensable pour avancer dans le futur autrement que sur la pente douce du déclin.

De nombreux autres textes, dans ce numéro, abordent sous de multiples points de vue le rôle du chemin de fer sur la géographie. Le train trouve toujours sa pertinence quelque part : dans l’aménagement du pays, avec les étoiles ferroviaires régionales, comme dans son irrigation, avec les opérateurs ferroviaires de proximité. Le retour sur le grand dépôt parisien de La Chapelle est aussi révélateur de l’imbrication du chemin de fer et de la ville ; face à l’urbanisation croissante, un site se libère discrètement parce que les concepteurs du chemin de fer ont su imaginer avec le TGV de nouvelles méthodes d’exploitation, rationalisant les emprises des terrains. Cet aboutissement est le fruit de riches réflexions, aux résultats parfois imprévus à l’origine, mais finalement dans l’intérêt collectif.

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef