Numéro 242

Octobre 2014

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Éditorial

Les entreprises qui ont développé avec succès des offres à bas coûts, connues sous l’anglicisme low cost, ne s’y sont pas lancées à l’aveuglette. Elles ont mené des études marketing préalables pour savoir ce qu’attendent absolument les clients d’un service de qualité, mais n’offrant que ce qui est indispensable en renonçant aux accessoires pour ne payer que la prestation de base. Cela a conduit à un travail rigoureux sur les priorités fondamentales de la production. Les enseignements tirés sont particulièrement intéressants. Ainsi, dans l’hôtellerie, la propreté et le calme sont les deux exigences des clients : un hôtel qui ne remplit pas ces deux conditions offre un mauvais service, quel que soit le prix de la nuitée.

Le low cost est bien connu dans le transport aérien. Quelques compagnies y réussissent brillamment. Les deux attentes incontournables des passagers sont la sécurité et la ponctualité. Les choix des deux entreprises principales en Europe sur ce créneau y répondent, avec des avions réputés et acquis neufs, et des relations point à point, faisant fi de toute idée de réseau et de correspondances, et quelquefois éloignées de grands centres encombrés. Pour le chemin de fer, la sécurité et la ponctualité s’imposent également, voire davantage car ces valeurs sont associées depuis toujours au train.

La sécurité est fréquemment abordée dans la RGCF : la plupart des articles techniques y font référence, même si ce n’est pas le sujet central. Mais on s’y rapporte constamment, comme nous l’évoquions dans le numéro de mai 2013. Cependant, comme toute activité humaine, il y a des périodes fastes et des moments de faiblesse. Le relâchement de la vigilance est intolérable et chaque accident nous le rappelle. Notre grande entreprise nationale mène actuellement une démarche vigoureuse notable sur plusieurs plans. Un nouvel élan a déjà été donné depuis plusieurs mois avec le plan Vigirail, axé principalement sur la technique. Une démarche extraordinairement innovante est la transparence sur la sécurité ferroviaire : tous les incidents récents, nuisibles à une bonne exploitation, sont dévoilés au public, clients ou non, sans restriction, sur un site internet SNCF dédié à la sécurité. Quant au management de l’ensemble des cheminots, il est redynamisé par une grande enquête interne SNCF menée en septembre sur la perception du niveau de sécurité et destinée à recueillir de nouvelles pistes de travail. La volonté politique amène, dans le cadre de la réforme ferroviaire, à créer « un poste d'inspecteur général de la sécurité » confié à une personnalité volontairement dotée d’une expertise autre que ferroviaire afin d’avoir un regard complémentaire à celui des entités déjà existantes. Le nouveau secrétaire d’Etat chargé des transports, tout juste nommé, a annoncé « un plan d’actions pour la sécurité ferroviaire ».

Si la mobilisation des acteurs du chemin de fer en faveur d’une sécurité optimale est forte à tous les niveaux, on regrettera toujours l’imprudence ou l’inconscience du public et des voyageurs, comme on le voit sur les passages à niveau ou sur les quais de gare. Finalement, la sécurité ferroviaire n’est-elle pas une cause nationale dont les cheminots sont le fer de lance, sans en être toutefois les seuls porteurs ?

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef