Numéro 229 - Spécial "Le patrimoine ferroviaire"

Juillet 2013

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

De la perspective des prochaines journées européennes du patrimoine, les 14 et 15 septembre, est venue l’idée de ce numéro thématique de la RGCF. Si l’attachement des Français et de nos voisins européens pour le train est manifeste, le risque est qu’il se limite aux choses du passé, pittoresques certes, mais obsolètes, dépassées, sans plus aucune nouveauté à révéler, exactement à l’opposé de la ligne éditoriale de la RGCF. Ce numéro était donc un pari : montrer que le patrimoine est vivant, qu’il est en permanente évolution, qu’il sert la cause du chemin de fer auprès de l’opinion publique, qu’il mérite une attention propre à éveiller notre curiosité car on en connaît peu la gestion.

Pour cela, nous avons délibérément choisi d’explorer le back office, c’est-à-dire tout le travail obscur d’entretien, de mise en valeur, de maintien en service, d’exploitation technique, scientifique et commerciale. Ce numéro n’est donc pas un catalogue des pièces anciennes conservées çà et là. Il ne prétend pas non plus à l’exhaustivité : les thèmes sont abordés pour apporter un éclairage sur la face cachée du patrimoine. Les gares ou les ouvrages d’art sont déjà fréquemment traités dans la RGCF et la question des personnels qui les entretiennent et les exploitent est évoquée dans plusieurs autres dossiers.

Les spécialistes contactés pour ce numéro particulier ont exprimé un fort enthousiasme, d’autant plus que la revue est résolument technique, sérieuse, tournée vers l’avenir. En effet, lors de la préparation de cette livraison, l’amour du métier, le goût du travail bien fait, les efforts à surmonter coûte que coûte et le plaisir des belles réalisations apparaissent au fil de la lecture des dossiers.

Le patrimoine est associé au passé ; en construisant le sommaire de ce numéro, il est vite apparu que cette restriction est un contresens. La France vit largement du tourisme : les réseaux touristiques apportent leur pierre à cet édifice. Les brevets et les archives permettent de tirer des bénéfices de tout le capital intellectuel accumulé, si on a su le protéger. Les postes d’aiguillage anciens fonctionnent toujours, et remarquablement bien compte-tenu des impératifs de sécurité et de régularité : le dossier sur leur entretien est impressionnant par la compétence des cheminots qui en ont la charge. Le patrimoine d’aujourd’hui vaut bien la peine qu’on s’y intéresse, même s’il n’est évidemment pas encore historique : les agents qui présentent à l’occasion d’une « journée portes ouvertes » leurs ateliers où tout est moderne, expriment bien leur motivation. Le patrimoine ne doit pas entretenir une nostalgie vaine, mais ouvrir nos yeux sur notre environnement : en prenant le métro parisien, le voyageur vit dans un univers patrimonial insoupçonné.

L’avenir du chemin de fer est européen. La Grande-Bretagne, l’Italie ou l’Allemagne sont également riches d’un patrimoine ferroviaire important. Le musée de Nuremberg, institution centenaire, est aussi une belle illustration de la vie du chemin de fer et de la présentation de sa contribution à l’histoire dans une perspective d’avenir : nous avons même le plaisir de publier l’article original en allemand, une première dans la RGCF, signe de l’amitié franco-allemande de nos deux pays fiers à juste titre de leurs chemins de fer.

La RGCF est une source précieuse pour tout honnête homme, au sens classique du terme, qui s’intéresse à la technique ferrovi aire et au rôle du train dans la société. La Bibliothèque nationale de France ne s’y est pas trompée : vous allez progressivement trouver sur gallica.fr, sa bibliothèque numérique, toute la RGCF numérisée de 1878 à 1940, en libre accès, et grâce au soutien de l’Ecole nationale des Ponts & Chaussées. Louis Armand aimait répéter que pour avoir une idée nouvelle, il était bon d’aller en rechercher d’anciennes. Tout ce patrimoine doit contribuer à inventer les transports ferroviaires de l’avenir.

Tous les acteurs du patrimoine méritent soutien et encouragement, qu’ils soient cheminots en activité ou retraités, voyageurs, chargeurs, touristes ou fournisseurs, ou amateurs passionnés par le train ou curieux des racines de notre société industrielle, des progrès techniques ou du cadre de vie. Ils apportent chacun à sa manière leur contribution à la vie du transport ferroviaire.

 

Merci encore à tous les auteurs des articles que, sans aucun doute, vous, chers lecteurs, découvrirez avec étonnement.


Bonne lecture !


François Vielliard

Rédacteur en chef adjoint