Numéro 227

Mai 2013

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Prix Version Numérique : 16.00 €
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Éditorial

Tout véhicule en mouvement présente un danger pour lui-même et son environnement. Le train, puis l’avion, ont intégré dès leurs origines la nécessité de réduire autant que possible les risques susceptibles d’entraver le bon fonctionnement du système. La route et le bateau, moyens de transport beaucoup plus anciens, ne s’en sont véritablement préoccupés que bien plus tardivement, souvent à la suite de grandes catastrophes ou par comparaison avec leurs nouveaux concurrents. Sait-on par exemple que sur les routes françaises dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant l’apparition de l’automobile, 1 200 personnes y trouvaient déjà la mort chaque année, malgré une vitesse dérisoire et un trafic modeste, et cela rapporté à une population bien moindre qu’aujourd’hui ?

La sécurité est donc ce qu’on désigne couramment un fondamental du chemin de fer. Les cheminots, aussi bien concepteurs qu’exploitants, assimilent la sécurité à un défi à surmonter en permanence, pour assurer un service toujours plus efficace : aller plus vite, plus loin et au bénéfice des utilisateurs les plus divers.

Dans ce numéro, deux articles illustrent cette volonté de se surpasser, non pas aveuglément, mais dans la plus grande sagesse, celle qui conduit à la besogne bien faite. Les essais de frein les plus étonnants sont entrepris avec le souci de l’endurance. Une méthode de suivi est décrite dans un article, avec une désignation curieuse de prime abord, celle d’état sanitaire du frein. Le sérieux du monde ferroviaire se retrouve pourtant bien dans cette expression : le refus du dopage qui, un jour ou l’autre, débouche sur la catastrophe. Le dossier sur un transport exceptionnel peut sembler relever du seul domaine du spectaculaire : faire passer d’énormes pales d’éoliennes dans le gabarit ferroviaire. Certes, cela relève un peu de la quadrature du cercle. La route n’a pas les mêmes contraintes, sur un itinéraire bien choisi. Mais un transport exceptionnel n’est pas qu’une affaire de gabarit et d’encombrement : c’est un transport toujours dangereux car hors normes. Aussi, le principe de précaution aurait consisté à refuser l’acheminement par train pour le laisser à d’autres. Mais un tel abandon n’est pas dans l’esprit du cheminot, pour qui la sécurité est une incitation permanente à bien faire son métier, au service de tous, clients, personnels et riverains.

Grâce à la sécurité bien comprise, le chemin de fer a su progresser. Si elle a un coût, elle mérite aussi d’être appréciée à sa juste valeur. Elle est un bon équilibre entre le risque inutile et la crainte de bouger. Ces articles reflètent l’optimisme que porte la technique ferroviaire.

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef