Number 329

September 2022

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Editorial

Le chemin de fer fait partie de ces institutions sur lesquelles l’usure du temps n’a pas de prise. Il accumule de l’expérience grâce à la richesse de son passé, il ne dévie pas de ses valeurs immuables, il se régénère, il plonge son regard vers l’avenir qu’il cherche d’ailleurs à orienter positivement. Toute cette continuité se lit dans les différents articles qui vous sont proposés dans ce numéro. 

Le dossier sur la rénovation de la caténaire prouve que le système ferroviaire a adopté de longue date les meilleures options, par exemple ici l’électrification du réseau. Assurément, la SNCF ne doit pas avoir honte de son histoire, laquelle reste l’avenir puisque rénover les installations électriques demeure le meilleur investissement actuellement. Il en est de même avec le TGV : 40 ans d’excellence ferroviaire, qu’on aurait pu appeler 40 ans d’avenir bien réel.

Parmi les valeurs immuables du train, la sécurité figure en tête. Elle est immuable dans le sens d’incontestable et permanente. Imaginerait-on y renoncer un instant ? Elle est immuable dans son fondement, mais non pas dans sa pratique. Ainsi, des règles évoluent ou se créent, au fil des progrès de la technique. L’accélération des trains, jusqu’à la très grande vitesse, s’est accompagnée d’une adaptation des comportements à tenir en matière de sécurité sur les chantiers de maintenance des LGV. Pour garder la vigilance en éveil, un dossier vous est de nouveau présenté sur cette valeur immuable.

Le chemin de fer, en dépit des discours qui lui sont généralement favorables, doit se préoccuper lui- même de sa place dans le monde à venir. C’est tout l’enjeu de la prospective, car, comme certains aiment à le répéter avec humour, les prévisions sont difficiles surtout quand elles concernent le futur. Malgré une concurrence dure avec le développement d’autres moyens de transport et même une certaine remise en cause de la nécessité absolue de vouloir autant se déplacer librement sans limite, le train jouera un rôle salvateur dans les besoins de mobilité dont on ne saurait se passer demain. Inlassablement, il doit se justifier. 

Comme septembre est le mois du patrimoine, il nous a paru opportun de souligner la richesse que constitue l’histoire du chemin de fer. Son patrimoine historique est un trésor par toute la légitimité qu’il apporte à l’industrie et aux exploitants ferroviaires. Il est un facteur de bonnes relations avec le grand public. Il révèle les nombreux talents de ceux qui y consacrent leur temps personnel au bénéfice du bien public, par leurs savoir-faire, leur solidarité, le partage avec autrui. Cet attachement symbolise bien également la résistance du train à l’usure du temps. 

Bonne lecture !

Pascal Lupo